Coronavirus : pourquoi ignorer ce qui fonctionne ailleurs ?

Coronavirus: pourquoi ignorer ce qui fonctionne ailleurs ?

Nous l’avons tous constaté autour de nous : cette épidémie, et les mesures drastiques et inhabituelles qui sont prises pour l’endiguer mettent en exergue le meilleur chez certains. Les initiatives bénévoles pour venir en aide aux plus démunis ou aux plus fragiles se multiplient : aider à faire des courses, etc. Même les firmes pharmaceutiques s’y mettent : plusieurs d’entre elles ont proposé d’offrir des millions de doses d’un traitement prometteur… Ne manque que l’accord de notre gouvernement, lequel tarde mystérieusement à venir.

Malheureusement, cet épisode de notre Histoire met également en exergue le pire. Nous le constatons aussi, et notamment chez plusieurs de nos concitoyens. Que ce soient ceux qui s’amusent de cette situation et vont jusqu’à commettre des actes inciviques, tels que tousser à la figure des gens, ou encore ceux qui ne respectent pas les mesures de sécurité prises … Notre propre gouvernement n’est pas en reste, en ayant, par son laxisme dans la gestion de cette crise, révélé le pire.

Nous n’avons pas observé les stratégies de gestion efficaces

Il y a d’abord eu ce manque de préparation en amont, lorsque nous avons eu connaissance de l’épidémie en Chine. Pas de constitution de stocks de matériel médical, ni de mesures de quarantaine pour les personnes revenant de zones infectées … Il nous a été expliqué que nous observions la situation. Pourtant, nous n’avons justement pas observé les méthodes mises en place par les premiers pays asiatiques touchés par l’épidémie. Or, force est de constater que ces méthodes fonctionnent, puisque le nombre de malades y est stabilisé, voire régresse, ou mieux : n’a jamais pris des proportions aussi alarmantes que celles que nous connaissons.

Nous n’appliquons pas les stratégies qui ont fonctionné ailleurs

Depuis le début de cette crise, notre gouvernement ignore les alertes des experts nationaux, ce par rapport à quoi on pourrait penser que d’autres avis contradictoires ont été préférés. Par contre, là où cela devient problématique et lourd de sens, c’est lorsqu’aucune attention n’est portée aux méthodes mises en oeuvre dans les pays où l’épidémie régresse. Voire même lorsqu’on décide de faire … tout l’opposé !

Par exemple : notre gouvernement refuse que des masques chirurgicaux soient portés par le plus grand nombre, arguant que ces derniers doivent être réservés aux malades, étant donné qu’ils empêchent le passage des gouttelettes porteuses du virus. Or, pratiquement personne n’est testé … Donc nous ne savons pas qui est porteur et qui ne l’est pas. Dès lors … Nous confinons tout le monde à la maison. Pourtant, ces stratégies : tests en masse, port généralisé du masque afin de protéger les autres, traçage des malades, isolement des malades et de leurs contacts … ont porté leurs fruits. Étonnamment, nous ne nous en inspirons pas....

Une attitude généralisée

Les excuses avancées font pâle figure. Il devient en effet beaucoup plus aisé d’obtenir des masques maintenant que la Chine en produit en quantités excédentaires. De plus, nous pouvons mettre en oeuvre des solutions pour répondre à la demande de l’OMS de tester en masse, ce que notre pays semble enfin considérer.

Au niveau de sa gestion, notre pays n’est pas le seul en cause, ce qui me laisse à penser que sa désorganisation n’est pas l’unique excuse à ces errements. À vrai dire, toute l’Europe, et les Etats-Unis se comportent de manière similaire dans la gestion de cette crise, c’est-à-dire avec beaucoup d’errements pour peu de résultats, des soignants en souffrance, un système hospitalier saturé et une totale désorganisation entre pays d’une même entité. De plus, tous ces pays ont en commun de quasiment ignorer les résultats probants de leurs homologues du continent asiatique.

Pourquoi ignorer de la sorte toutes ces leçons ?

Pourquoi ignorons-nous avec tant d’application les leçons que nous pourrions tirer de l’expérience d’autres pays, qui s’en sortent bien mieux que nous dans la gestion de cette crise ? La réponse est-elle à chercher dans un certain sentiment de supériorité que peuvent avoir nos pays du bloc Nord Ouest envers ceux qui … ne sont pas eux ? Pourtant il y a longtemps que l’Europe et les Etats-Unis ne font plus figure de proue et que certains pays dits « émergents » ont pris la barre, surtout en termes de maîtrise technologique, ce qui est un élément clé, aussi bien de nos économies actuelles qu’en termes de recherche scientifique.

Les capacités à observer, à faire preuve d’humilité, à prendre du recul, à se remettre en question, à procéder en partenariat avec l’autre et non en imposant nos vues sont très importantes dans l’exercice d’un métier du social. Il semblerait qu’elles le soient également en gouvernance politique …

MF - travailleuse sociale

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