Psychomotricien confiné mais solidaire

Psychomotricien confiné mais solidaire

Psychomotricien, te voilà peut-être privé de travail, mais pas de solidarité.
La suspension brutale des séances évoque, comme la question de la fin des suivis, les questions de l’absence, de la séparation et donc d’un possible vécu d’abandon.

Dans des circonstances plus habituelles, quand cette question se pose en guidance, l’éthique professionnelle nous invite à anticiper tant que possible les périodes de vacances et les pauses éventuelles dans le cadre installé dès le départ. Ainsi, nous prévoyons deux ou trois séances minimums pour se dire « au-revoir » et nous préparons une histoire, des photos, une farde avec les dessins, ... bref des traces symboliques pour prendre soin des traces psychiques.

A circonstances exceptionnelles, conseils adaptés.

Vous avez certainement communiqué avec les parents, et/ou avec les enfants, pour leur signifier la suspension des suivis. Je vous invite, selon votre temps disponible, à ne pas hésiter à faire trace dans cette période de confinement. Comment montrer à l’enfant qu’il n’est pas oublié ? Comment poser quelques appuis de soutien à la parentalité, et parer à ce fameux burn-out parental à la mode ?

On peut s’adresser directement à l’enfant, par un message qui sera selon les cas lu par le parent. Faire trace, faire signe, signifier, par une photo d’un de ses dessins, de ses constructions, par une illustration symbolique. Pointer ses forces, ses compétences d’adaptation, ses jeux préférentiels. Simplement les nommer, c’est déjà être présent. C’est aussi les rappeler à ses parents, guider leur regard.

On pourrait aussi inventer une sorte de soutien, voire de guidance parentale à distance. Mais là, nous n’avons que peu de recul. A chacun de poser son cadre. Lire un long mail, le traiter, y répondre, c’est une demi-heure, une heure de travail ? En traiter un ou dix, c’est différent. Cela se dispense solidairement ou cela se finance ? Ce n’est bien sûr pas prévu par les remboursements des mutuelles. A chacun de bien préciser clairement ce qui lui est possible, ses limites.

Enfin, chers psychomotriciens, chères psychomotriciennes, lors d’une sortie autorisée ou une promenade, soyons généreux en regards soutenants aux enfants et à leurs parents. Appuyons-nous sur nos capacités de soutenance, de portage à distance. Un regard bienveillant, un sourire, un compliment, ancré dans une observation sympathique, c’est porteur, même à un mètre cinquante de distance. C’est prendre soin des liens humains, solidairement.

Anne Taymans

Ancienne présidente de l’UPBPF

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