Importance de la définition de problème en travail social

Importance de la définition de problème en travail social

Définir un problème fait partie des bases de notre métier. En effet, lorsque les personnes viennent à nous de manière volontaire, c’est souvent parce qu’une, ou plusieurs, situations leur posent problème. Parvenir à décoder cette situation et à définir le problème est donc une étape cruciale, de même que parvenir à décrypter la position employée par la personne face à son problème, car c’est en rapport à cette position que nous devrons adapter notre accompagnement.

[DOSSIER]
- Prendre soin de soi en tant que travailleur social
- Prendre de la distance par rapport à soi en tant que travailleur social
- - Actions concrètes pour atteindre un objectif et résoudre un problème

Un outil très pratique et complet pour définir un problème est la grille de questionnement. Cette grille est inspirée des thérapies brèves et interroge plusieurs niveaux, toujours de manière très concrète. Le premier niveau est le problème en lui-même. Il s’agit de le définir de manière concrète, de définir pour qui c’est un problème, ce qu’il se passerait si la situation ne changeait pas, etc. Le second niveau est le contexte de la demande. Le troisième niveau est l’objectif de la personne. Définir un objectif est déjà une démarche en soi, complexe et qui prend du temps.

Rester concret

Ensuite, il s’agit de rester vraiment concrets au niveau des indicateurs de résultats. Le danger si l’on ne se montre pas terre à terre et concret, c’est que le problème puisse ne jamais être considéré comme résolu, l’objectif jamais considéré comme atteint. Il s’agit évidemment d’une posture dans la relation d’aide qui devrait être considérée comme un élément d’information, mais préciser les indicateurs concrets fait partie du cadre qu’il nous appartient de poser.

Importance cruciale du réseau de la personne

Le réseau de la personne est un élément crucial et trop rarement pris en considération. En effet, si l’on considère que tout réseau, en ce compris les environnements familiaux et amicaux, fonctionne comme un système, on comprend que la personne, et son problème, font partie de ces systèmes. Un changement, l’atteinte de cet objectif, viendra nécessairement modifier le système en place, ce qui pourrait le déstabiliser dans son ensemble, ou du moins, affecter des éléments importants pour la personne. Questionner les freins et les aides est donc nécessaire.

Ne pas sous-estimer les aspects matériels

Il y a aussi tout un contexte de contraintes et de règles à respecter, des choses matérielles et logistiques qui peuvent empêcher la personne de résoudre son problème, des obstacles qu’il importe de lister. Les ressources de la personne sont aussi un élément important à recenser, de même que les ressources extérieures auxquelles elle pourrait faire appel. Un autre élément important à prendre en considération sont les actions déjà tentées pour résoudre le problème ou atteindre l’objectif, l’idée étant de ne pas faire plus de la même chose si cela ne fonctionne pas.

Le visiteur

Par rapport à son problème, une personne, même si elle vient nous voir volontairement, peut avoir une posture de « visiteur ». Elle ne se sent pas concernée, elle n’est pas prête à se mobiliser. Elle ne reconnaît même pas le problème. Le risque pour nous est de travailler à sa place, de chercher le problème, de surmobiliser la personne. Une stratégie à employer serait de chercher une autre définition du problème à laquelle la personne pourrait adhérer, ce pour quoi elle vient réellement (et qui n’est pas forcément ce qu’elle va afficher en premier). Comme par exemple cette personne alcoolique qui ne considère pas son alcoolisme comme un problème, mais qui craint de perdre sa femme.

Le plaignant

Une autre position, assez fréquente, est celle de « plaignant ». La personne reconnaît effectivement avoir un problème et a déjà tenté des choses qui n’ont pas fonctionné. Elle est déçue, découragée. Ou encore, elle pense n’avoir rien à voir avec le problème, qui trouve son origine chez « les autres ». Ce sont des personnes qui ont un grand besoin d’être entendues et reconnues dans leur souffrance, qui est réelle. Cependant, il ne sert à rien d’essayer de les mobiliser dans une action, car ils n’en sont pas là. Ce serait inutilement épuisant pour le travailleur. Ils ont besoin de comprendre leur propre rôle dans ce qui leur pose problème. Cette étape peut prendre du temps, mais il est inutile de chercher à l’occulter, au risque de nous épuiser pour rien.

Le client

La troisième position est celle de « client ». Ce sont des personnes qui reconnaissent l’existence du problème, savent qu’ils jouent un rôle, ont déjà tenté des choses pour le résoudre et sont prêts à en tenter d’autres. Ces personnes peuvent recevoir aide et conseils, elles seront preneuses de démarches concrètes, elles veulent avancer. Il importe alors de bien cibler le problème, de le définir correctement, de bien travailler sur le réseau de la personne, les freins éventuels ainsi que les aides, pour que les actions qui seront mises en place soient porteuses.

MF - travailleuse sociale

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