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Eté sous tension, rentrée à préserver : et si déconnecter était aussi une façon d’agir ?

15/09/26
Eté sous tension, rentrée à préserver : et si déconnecter était aussi une façon d'agir ?

Il y a des étés qui ont un goût de farniente et de dolce vita. Qui, sans qu’on ait besoin de partir en vacances, invitent à ralentir et font la part belle à la légèreté. Puis, il y a l’été 2026... Canicules, sécheresse, incendies partout en Europe, jusque dans nos Fagnes, guerres interminables, flambée des prix. Climat anxiogène au possible, même pour ceux d’entre nous qui sont partis en vacances et qui auront peut-être eu peur de partir en fumée.

Je ne sais pas vous, mais pour moi, cet été n’a pas tout à fait joué son rôle habituel de parenthèse légère. La joie de voir le soleil pointer le bout de son nez a laissé progressivement la place à une certaine inquiétude, une grande fatigue, un organisme et des nerfs éprouvés par la chaleur accablante. Il faut dire que tout s’est enchaîné de manière très dense : vagues de chaleur écrasantes, incendies partout en Europe, avec leur cortège d’images catastrophiques, jusqu’aux portes de nos maisons, débats et expertises en veux-tu en voilà, guerres interminables, prix qui, eux aussi, flambent encore et toujours. Un sentiment est là, diffus : celui d’un monde qui semble accumuler les raisons de rester en alerte.

Lente accumulation de fatigue et de malaises

Même les vacances ont parfois perdu leur légèreté... Comment vraiment décrocher quand les nouvelles continuent d’arriver dans la poche ? Comment profiter pleinement d’une journée ensoleillée quand la chaleur rappelle aussi la sécheresse et les risques d’incendie ? Comment se projeter sereinement quand le coût de la vie, les incertitudes professionnelles et les crises internationales occupent une partie de l’espace mental ? Comment gérer ses journées quand on dort peu et mal ? Comment souffler un peu quand on est physiquement mal à peu près partout ?

Des esprits échauffés et des corps surmenés

Et puis, la reprise de boulot qui signifie retrouver des personnes qui ont, elles aussi, traversé un été difficile, beaucoup plus difficile que le nôtre. Des enfants et des jeunes qui reviennent avec leurs propres inquiétudes. Des familles fragilisées par la situation économique. Des personnes épuisées par des conditions de logement qui ont marqué leur corps et leur esprit durant les 4 derniers mois. Et nous voilà déjà à la rentrée scolaire et à la grogne enseignante qui revient, intacte, et nous ramène aux contestations de fin d’année scolaire dernière. Des esprits échauffés et des corps surmenés, ça ne fait pas bon ménage.

Lire aussi : Rentrée dans le social : comment reprendre le rythme sans s’épuiser ?

La seule question qui me vient c’est « Qu’est-ce qui va encore nous tomber dessus ? »

C’est peut-être précisément là qu’il faut déplacer notre regard. La réalité, c’est que nous n’avons que très peu de prise sur ces problématiques particulièrement anxiogènes. Bien entendu, nous pouvons poser des choix de manière individuelle : la manière dont nous consommons, ceux pour qui nous votons, etc. Mais, et nous le savons, ces actes individuels n’ont que peu d’impact en termes de résultats. Et c’est précisément de là que provient notre anxiété diffuse. Du sentiment d’impuissance qui s’empare de nous.

Reprendre du pouvoir d’agir à notre niveau

Retrouver un certain pouvoir d’agir, se sentir acteur et non spectateur passif qui subit, c’est, à mon sens, la clé, ou en tout cas une des clés d’un présent plus serein, malgré les circonstances. Certains choisiront de défiler, de militer activement pour l’une ou l’autre cause qui leur tient à coeur ou les angoisse particulièrement, voire pour toutes et d’autres, dont je fais partie, choisiront de faire l’autruche. Entre les deux, une infinité de possibilités à décliner selon ce qui est nécessaire pour chacun.

Choisir de faire l’autruche

Je fais donc l’autruche. J’assume. Ce qui rend, pour moi, l’actualité particulièrement anxiogène, c’est la surabondance d’informations ultra détaillées. Journaux télévisés de plus en plus sensationnalistes. Répétition des mêmes infos souvent négatives toutes les heures à la radio. Publications encore plus sensationnalistes, pour ne pas dire p*taclic sur les réseaux sociaux. Je sature. Mon cerveau n’en peut plus. Alors, je ressors ce conseil que j’avais déjà donné pendant le covid : arrêtez de regarder les infos, elles sont souvent mauvaises et on peut rarement y changer quelque chose.

Préserver sa santé mentale avant tout

Fini le JT, moins de flashs infos à la radio et définitivement moins de réseaux. La moindre bribe d’actualité y est reprise, détournée, analysée par des experts auto-certifiés… Concrètement, cela n’amène pas de solutions, au contraire, car notre santé mentale y est grignotée petit à petit. Je choisis d’agir pour me préserver : aller prendre l’air, maintenant qu’il est plus respirable, mettre mon téléphone de coté, éviter les discussions qui tournent autour des sujets d’actualité qui vont générer inévitablement soit un désaccord massif, soit une suite ininterrompue de râleries en mode boule de neige.

Travailler manuellement, ça oblige à se concentrer sur l’instant présent de manière beaucoup plus efficace qu’une séance de méditation. Lire un bon livre. Après un été fatigant, on a bien besoin de ressources pour attaquer la fin de l’année qui est, en général, une période assez déprimante pour nos publics. Je vous encourage à trouver ce qui vous ressource, à en user et en abuser et à bannir de manière stricte ce qui draine votre énergie.

MF - travailleuse sociale

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