Coronavirus : "Démocratie en danger"

Coronavirus:

Voilà un an déjà que nous sommes entrés en période de crise sanitaire. Et si, au début de cette crise, des mesures exceptionnelles, tant par leur contenu que par la manière dont elles ont été décidées, étaient nécessaires, peut-on encore dire, un an après, qu’il s’agit toujours d’une crise ?

Une crise se définit comme un moment aigu, donc très temporaire. Et effectivement, une situation de crise peut justifier des mesures exceptionnelles, aussi bien en termes de contenu qu’en termes de processus de décision. Cela dit, court-circuiter le fonctionnement démocratique n’est jamais anodin et doit être soigneusement réfléchi et proportionné. Et surtout, de tels agissements ne doivent pas rentrer dans les mœurs, au risque de voir la démocratie vaciller.

Un fonctionnement dangereux

Depuis le début de la crise sanitaire, de nombreuses décisions ont été prises, et toujours de la même manière, en court-circuitant les instances traditionnelles de notre démocratie. Si, lors des temps forts de cette crise, cela pouvait se comprendre et se justifier, à mesure que la situation sanitaire s’installe dans la durée et revêt de moins en moins les habits de la crise pour endosser ceux de l’habitude, il devient dangereux de pérenniser le fonctionnement que nous connaissons.

Pas de débat démocratique

En effet, de nombreuses décisions sont prises sans débat démocratique, sans consultations autres que celle des experts scientifiques accrédités, et sans concertations avec les secteurs concernés. Qui plus est, ces décisions sont prises par des personnes politiques qui n’ont absolument pas l’air d’être connectées avec le terrain et qui ne semblent pas se rendre compte de la diminution flagrante de l’adhésion de la population. Il faut dire qu’entre virements et revirements, infantilisation, décisions qui semblent arbitraires et qui ne sont absolument pas explicitées, absurdités et contradictions en tous genres, il y a de quoi perdre à la fois son latin et sa motivation.

Pérennisation de l’exception

Nombre de ces décisions mériteraient d’être questionnées, débattues, mises sur la place publique. Le débat démocratique est absent de la gestion de cette crise. Et si on peut comprendre l’urgence de mars 2020, un an après, la crise s’est installée, si bien que parler encore de crise est trompeur. Une crise est un moment aigu, donc très temporaire. Lorsque cela s’installe, une telle appellation est erronée et les dispositifs doivent être adaptés et intégrés à l’organisation courante de la société. Il est dangereux pour un système démocratique de pérenniser de tels modes de prise de décision.

Notre démocratie se trouve à un tournant

Notre démocratie se trouve à un tournant et il serait dangereux de ne pas y prêter attention. En effet, notre Histoire, en ce compris récente, regorge de sociétés qui se sont laissé emporter dans des dictatures, presque incidemment, sans s’en rendre compte, les garde-fous ayant sauté les uns après les autres, dans l’indifférence quasi générale.

MF - travailleuse sociale

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