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Début d’année dans le travail social : quand tout redémarre trop vite

06/02/26
Début d'année dans le travail social : quand tout redémarre trop vite

À l’heure où fleurissent les promesses d’agendas et de planners miraculeux qui promettent de transformer nos vies, j’ai eu envie d’expérimenter un nouveau format : le calendrier du travail social. Le début d’année, c’est un peu une période bizarre, où on réalise que décembre n’est pas vraiment terminé. Deux options s’ouvrent à vous : soit vous êtes de la team « je travaille pendant les fêtes », auquel cas, paradoxalement, vous êtes plus à même d’attaquer la suite de l’année, soit vous êtes de la team « repos festif bien mérité », auquel cas, force et courage à vous.

La fin d’année, cette période si compliquée

Soyons honnêtes : en décembre, on n’a pas vraiment le cœur et la tête au travail. Si vous vous faites une joie des fêtes de fin d’année, alors vous êtes facilement distraits au boulot par la to do immense qui se déroule devant vous.

Et vous devez redoubler d’attention au travail car pour les bénéficiaires, décembre est très souvent le mois le plus pourri de l’année. Celui où il fait généralement froid (quoique), et surtout celui où les situations familiales, sociales et économiques compliquées (ceci est bien entendu un euphémisme) se font encore plus sentir. Ce que vous comprenez particulièrement bien si vous haïssez cette période. Là, vous êtes en empathie totale, mais avec parfois de la difficulté à prendre du recul par rapport à votre propre situation.

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Pour certains, le passage à la nouvelle année signifie délivrance

Bref. Généralement, si vous avez travaillé pendant la période de fin d’année, alors, pour vous, le début d’année en est simplement la continuité. Si ce n’est qu’on change d’agenda, de planner, qu’on range les dossiers clôturés de l’année précédente et qu’il ne faut pas oublier de souhaiter la bonne année. Pour le reste, à la limite, vous êtes soulagé que la période des fêtes et son cortège de tristesse et nostalgie soient passés.

Le début d’année, la période de l’atterrissage brutal

Par contre, si pour vous décembre a filé comme une longue attente en vue des réjouissances festives et que vous avez été un peu distrait au boulot, alors l’atterrissage peut être rude. Après une période festive, familiale, intense et décousue comme l’est la fin d’année, le retour à la réalité du travail peut sembler brutal.

On n’a tout simplement aucune envie de s’y recoller. On voudrait que la fête ne finisse jamais, ou en tout cas qu’il y ait une sorte de zone tampon avant la reprise. Sauf que ce n’est pas le cas et que c’est même pire, car il y a cet accord tacite qui veut que si décembre est dilettante, dès la reprise de l’année, tout soit immédiatement traité. Et plus vite, s’il vous plaît, car on a attendu et aujourd’hui, on ne supporte plus d’attendre.

Le début d’année, le poids des attentes impossibles

Qui plus est, souvent, cette période est un peu le contrecoup de la déprime que vivent toutes les personnes isolées socialement. Décembre est généralement horrible à vivre lorsqu’on a un vécu personnel et familial lourd à porter, que l’on est socialement et économiquement précarisé, et les semaines qui suivent ne sont pas mieux, car elles sont présentées comme celles du renouveau, des bonnes résolutions, de l’élan, et que ce sont des vœux pieux pénibles à (sup)porter lorsqu’on porte déjà le poids d’une vie difficile. En ce début d’année, l’urgence est tout aussi prégnante qu’en décembre et souvent, elle est même plus aigre.

Le début d’année, le moment où tout s’accélère trop tôt

C’est le moment où tout s’accélère alors qu’on fonctionne encore au ralenti. On doit planifier l’année alors qu’on n’a pas encore enregistré le changement de chiffre sur tous les documents. On doit prévoir ses congés alors qu’on revient de vacances et que le portefeuille est vide. Les jours rallongent, mais l’hiver météorologique commence à peine. On doit parler renouveau, nouveaux projets, nouveau souffle, mais la fatigue de fin d’année, voire la dépression saisonnière, pèsent sur nos épaules. On doit tout (re)lancer, mais en équipe réduite, car il faut épuiser les jours de congés et heures supplémentaires de l’année précédente.

Bref. Le début d’année, c’est une période tiraillée. Celle où on (se) doit de prendre encore plus de hauteur par rapport aux injonctions diverses. Celle où la bienveillance prend tout son sens. Ne pas oublier non plus que le rythme de l’année calendaire n’est pas notre rythme biologique et qu’à cette période, dans la nature, on est en plein hiver. Le renouveau, lui, ne vient qu’au printemps.

MF - travailleuse sociale

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