Obligation vaccinale des soignants : on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre…

03/01/22
Obligation vaccinale des soignants : on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre...

Loin de moi l’idée de remettre de l’huile sur le feu d’un sujet qui fait déjà polémique depuis un an et demi, quel que soit l’angle sous lequel il est abordé. Mais menacer de licenciement des personnes complètement à bout de souffle, travaillant dans des métiers en pénurie, alors que des services entiers ferment déjà faute de personnel en suffisance ? Sérieusement ?

Que je récapitule. Pour protéger des personnes exerçant une fonction essentielle à la protection de la population, on leur envoie un ultimatum, en l’occurrence une obligation vaccinale, faute de quoi elles pourraient perdre leur travail. Dans un secteur déjà en grave pénurie, où des hôpitaux doivent fermer des services faute de personnel en suffisance. Si je ne m’abuse, ça s’appelle vouloir attraper des mouches avec du vinaigre. Et ça n’a jamais fonctionné …

La méthode musclée

Effectivement, il existe déjà une obligation vaccinale pour travailler dans le secteur des soins de santé, notamment avec le vaccin contre l’hépatite. Mais nous parlons d’un vaccin éprouvé et qui fait beaucoup moins peur que celui contre le covid. Parce que oui, tant la maladie que le vaccin font peur, s’agissant de ce virus, il faut pouvoir l’admettre, que l’on soit ou non d’accord avec ces peurs et leurs fondements.

Un camouflet de plus

Toujours est-il qu’en termes de stratégie, on a vu mieux. À l’heure où le personnel soignant est en nombre insuffisant, enchaîne les heures supplémentaires qui ne seront jamais récupérées (et qui donc seront, au mieux, payées à leur juste barème pour être surtaxées ensuite, au pire, payées à un barème bien inférieur), est tenu d’aller travailler malade et j’en passe ; nos gouvernants leur adressent un ultime camouflet en la présence de cette loi.

Une habitude de les traiter comme des moins que rien

Il faut dire que l’habitude de traiter ceux qui prennent soin de nous comme des moins que rien, du moins le « petit personnel », est bien ancrée. Le système de santé est sous-financé, les professions d’infirmier, d’aide-soignant, d’ambulancier, etc. sont peu attractives et la motivation du début s’essouffle rapidement devant l’ampleur de la tâche, l’ingratitude du métier, la pénibilité des conditions de travail et le peu de reconnaissance en retour.

Mettre à terre des gens déjà à genoux

Mais là, il me semble qu’on atteint des sommets. Après avoir, à grands renforts d’effets de manche, flanqué une gifle magistrale à toute une profession en leur octroyant une prime qui s’est avérée amputée de près des 2/3 une fois les taxes et impôts divers prélevés et ce, au lieu de refinancer tout un secteur qui le réclame depuis des années et encore plus depuis le début de cette crise sanitaire, voilà le coup de pied qui met à terre ces gens déjà à genoux.

Quelle considération pour ceux qui prennent soin de nous ?

La question de cette chronique n’est pas consacrée à l’utilité de ce vaccin, ou encore à sa dangerosité, mais bien à la manière dont nos gouvernants considèrent ceux qui prennent soin de la population du pays qu’ils sont censés gérer et donc, par là même, la considération que nos gouvernants ont pour nous, qui leur permettons de vivre et de régner. Quand on y réfléchit, ça fait froid dans le dos…

Où se situe le dysfonctionnement ?

Dans le même ordre d’idées, une autre réflexion me vient : à partir du moment où, pour un pays de 12 millions d’habitants, on considère que le seuil critique est atteint lorsque 800 lits de soins intensifs sont occupés (sur les 2000 dont dispose le pays), n’est-ce pas plus révélateur d’un énorme dysfonctionnement en termes de financement du secteur de la santé que d’une irresponsabilité collective, surtout dans le chef de notre personnel soignant ?

MF – travailleuse sociale

[De la même autrice] :
- Gestion d’un projet en travail social : les erreurs à bannir !
- Travailleurs sociaux : réunion d’équipe, les erreurs à ne pas commettre
- Travailleur social : comment démotiver un collègue compétent et investi
- Travailleur social : comment démotiver un collaborateur compétent et investi - 2e partie
- Coronavirus : à la recherche de notre humanité perdue
- Précarité du travailleur social : et si on en parlait
- Travailleurs sociaux : non prioritaires ?
- Educateur spécialisé : toujours mal considéré...
- Travail social : déceler un manipulateur et s’en protéger
- Travailleur social : (se) motiver au changement
- Le non-marchand, encore et toujours oublié de la crise
- Travailleur social : astuces pour mieux communiquer, malgré le masque
- "Être éducateur dans une société en crise"
- Le non-marchand, oublié du (dé)confinement
- Patients psychiatriques, détenus, personnel : les oubliés de la crise
- Coronavirus : travailleur social en télétravail ?
- Coronavirus : quand nos hôpitaux en sont réduits à mendier...
- Gare à la surenchère dans l’offre de services sociaux
- Toujours en burn-out malgré les vacances...
- Vivre un deuil au travail
- De l’injonction à la résilience chez le travailleur social
- Éducateur spécialisé, le parent pauvre
- L’hypnose, un formidable outil pour le travailleur social
- Travailler en réseau : bénéfices et difficultés
- Les travailleurs sociaux sont-ils tous sur un pied d’égalité ?
- Travailleur social : gérer la lassitude professionnelle



Commentaires - 2 messages
  • Merci! La peur a été provoquée artificiellement en déformant la réalité et en interdisant les soins appropriés. Ce virus ne me fait pas peur. Il y a des remèdes qui sont éprouvés. En préventif et en curatif. Le variant actuel est bénin. Par contre le produit expérimental qu'on injecte à tour de bras et maintenant honteusement aux enfants est réellement inquiétant. Donc mon conseil, n'acceptez pas ce chantage. Résistez! Vous en verrez les fruits dans quelques temps, même si cela s'annonce très difficile étant donné la volonté politique d'imposer à tout prix cette injection à tous. Réinformez-vous. Les héros naissent dans l'adversité.

    Isa-Marie lundi 3 janvier 2022 10:52
  • Cette stratégie ne mènera à rien. Nous savons très bien, en tant que professionnel de la santé mentale, que la peur est une emotion trés forte difficilement à gérer et plus manipulable, qui échappe à toute reflexion rationnelle. Les politiques le savent parfaitement , raison pour laquelle leur discours ne se base que sur l'émotionnel et non la raison. Car si l'on se basait sur la raison, cela conduirait à de nombreux questionnements sur la validité de ve prétendu vaccin, qui est un prototype expérimental. D'ailleurs cet élément n'est mentionné ni par les politiques, ni les medias.
    Compter sur les émotions est le meilleur moyen de détourner l'attention.

    psy2013 lundi 10 janvier 2022 14:30

Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus