Travail social : entretenir ses ressources et prendre soin de soi

23/05/22
Travail social : entretenir ses ressources et prendre soin de soi

Vous connaissez l’expression « C’est le cordonnier qui est le plus mal chaussé » ? Je pense qu’il n’y a rien de plus vrai. En général, ce sont les travailleurs manuels qui ont le plus de travaux à terminer dans leurs propres maisons, les médecins qui ne prennent pas le temps de se soigner correctement ou qui vont travailler malades et … ceux qui ont des professions de soin à l’autre qui ne prennent pas le temps de prendre soin d’eux.

Prendre soin des autres exige de la disponibilité, de l’endurance, de l’attention, de la concentration … En fait, c’est un travail de tous les instants où on peut rarement se permettre de bayer aux corneilles. Et le souci, c’est qu’à force de donner tout ça, on finit justement par s’épuiser et par ne plus être capable d’offrir cette qualité de travail. Et là, on enclenche un cercle vicieux.

Prendre soin de soi, une évidence ?

Prendre soin de l’autre, ça commence par prendre soin de soi. Évident ? Pas toujours et pas forcément pour tout le monde, ou à tous les stades de notre vie. Prendre soin de soi, c’est accepter que nous sommes tout, à la fois notre maison et notre véhicule de toute une vie et que l’on mérite de s’offrir entretien, carburant, repos, environnement et réparations nécessaires. Prendre soin de soi, c’est poser un acte conscient et concret d’estime de soi, c’est revendiquer qu’on en vaut la peine.

Et concrètement, on fait comment ?

D’accord, c’est bien beau tout ça, mais concrètement, comment on fait ? Parce que les théories, ça n’a jamais aidé personne en vrai, ce qui aide, c’est la pratique. Simplement, ça commence par écouter son corps. Et c’est parfois tout bête. Aller aux toilettes quand on en a besoin, et pas une heure après, manger lorsqu’on a faim, boire quand on a soif. Faire des pauses, parce que travailler 8h d’affilée et en une traite, c’est se maltraiter. Écouter les signaux d’alarme : maux de tête, fatigue, insomnie, troubles digestifs, etc. Prendre le temps de se reposer, donc aller se coucher tôt si on se lève tôt, se mettre en mouvement, même si c’est danser 5 minutes tous les jours en faisant la vaisselle ! Se soigner lorsque c’est nécessaire, etc.

Etre sa meilleure amie

Et pas que : prendre soin de soi, c’est s’octroyer ce qu’on conseillerait à une amie chère de faire. Donc se parler avec bienveillance, se faire plaisir, s’octroyer des petits cadeaux, des moments à soi, de la vraie détente. Je ne parle pas de shopping compulsif, mais de moments qui nourrissent l’esprit, musclent la joie et font réellement du bien à long terme : par exemple, pratiquer une activité qu’on aime, investir de l’argent dans ce qui nous permet de gagner du temps que l’on peut consacrer à autre chose qu’à des corvées.

Se faire confiance

Prendre soin de soi, c’est aussi se faire confiance. Écouter sa petite voix intérieure au lieu de la museler. Si à un moment donné, on sent un malaise, c’est qu’il y en a un. Creuser, comprendre, s’écouter, se faire confiance, se respecter, prendre des décisions en ce sens. S’aimer assez pour nourrir notre capacité d’empathie envers l’autre et entretenir ce qui fait de nous un travailleur de l’humain, donc une personne qui utilise sa personne comme outil de travail. Prendre le temps de la réflexion, celle qui aide et pas celle qui fait tourner en rond. Trouver un lieu où on peut déposer tout ce qu’on accumule parfois dans son sac à dos quand on travaille avec des personnes qui ne vont pas bien. Et vous, vous faites comment pour prendre soin de vous ?

MF - travailleuse sociale

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