Communiquer efficacement, ou l’art de dessiner des cartes du monde

23/08/22
Communiquer efficacement, ou l'art de dessiner des cartes du monde

On ne le répètera jamais assez : communiquer est la base de toute relation, qu’elle soit professionnelle ou personnelle. On pourrait même préciser que « bien » communiquer est la base de toute relation. Mais qu’est-ce que « bien » communiquer ? Une notion tellement différente d’une personne à une autre qu’elle laisse la porte ouverte à tant de méprises.

D’ailleurs, plutôt que de parler de « bien » communiquer, envisageons plutôt la notion de « communication efficace ». Autrement dit, lorsque notre interlocuteur comprend bel et bien le message que nous voulions lui transmettre, ni plus, ni moins, ni autre chose. Si simple en apparence, et pourtant si compliqué à mettre en oeuvre !

Est-ce de ma faute si le message « ne passe pas » ?

En tant qu’émetteur du message, suis-je responsable de la manière dont l’autre le reçoit et le comprend ? Au risque de choquer … oui. À partir du moment où nous décidons de transmettre un message, notre objectif est que ce message soit transmis dans son intégralité et dans son intégrité. En d’autres termes, que notre interlocuteur comprenne notre pensée, que notre message ne soit pas interprété, déformé, etc.

S’exprimer de manière compréhensible pour l’autre

Pour ce faire, il importe de veiller à exprimer notre message d’une manière compréhensible pour l’autre. En effet, nous avons chacun notre propre « carte du monde », à savoir la représentation que nous nous faisons du monde dans lequel nous vivons.

Cette « carte du monde » se construit, la plupart du temps inconsciemment, au fur et à mesure des expériences que nous vivons, mais aussi sur base de certaines sensibilités particulières, prédispositions génétiques, etc. Personne n’est réellement en capacité d’expliquer sa « carte du monde » à quelqu’un, mais cette dernière peut être partiellement accessible via l’observation de certains signes : expressions employées, langage non-verbal, interprétations données à certains événements, etc.

Dans un premier temps : taisons-nous !

Si nous voulons que notre interlocuteur comprenne notre message, à nous de nous mettre dans sa peau ! Du moins, autant que faire se peut. Donc, dans un premier temps … de l’écouter. Écouter son langage, repérer les expressions régulièrement employées, qui traduiront les « portes sensorielles » privilégiées. Observer son langage non-verbal, ce qui semble le mettre à l’aise et au contraire. Et pour être certain de ne pas interpréter, reformuler, vérifier qu’on a compris, etc. Donc, avant de tenter de transmettre notre message … taisons-nous !

Se faire apprécier par le cerveau archaïque de notre interlocuteur

C’est un processus inconscient, mais notre cerveau archaïque catégorise en permanence les individus rencontrés, les situations vécues, etc. Ceci dans le but d’assurer notre survie. Amis ou ennemis ? Situation sécurisante ou danger potentiel ?

Actuellement, nombre d’entre nous n’en ont plus besoin en permanence, mais notre cerveau continue de fonctionner de la sorte, et ce, de manière tout à fait inconsciente. C’est en partie la raison pour laquelle nous nous sentons immédiatement à l’aise ou non avec certaines personnes qui sont, a priori, des inconnus : notre cerveau archaïque les a catégorisés comme « amis », car il a détecté en eux des « similarités », comme par exemple certaines expressions verbales ou non verbales.

Notre but afin que notre message passe est donc d’être catégorisé en tant qu’ami par le cerveau archaïque de notre interlocuteur. Autrement dit, d’adopter sa gestuelle, ses expressions, etc. Attention ceci-dit à s’en tenir au mimétisme et à ne pas tomber dans le piège de la caricature.

Essayer d’employer au maximum la « carte du monde » de notre interlocuteur

Tout ceci pour en arriver au message proprement dit : pour maximiser nos chances que notre message soit compris de la manière dont nous le souhaitons, formulons-le en employant le langage verbal et non-verbal de notre interlocuteur et en vérifiant régulièrement qu’il n’y a pas de problème de compréhension … Autrement dit, utilisons le fruit de nos observations pour tenter d’entrer dans la « carte du monde » de notre interlocuteur et de nous exprimer à sa manière, verbale et non verbale. Sans oublier les précautions oratoires nécessaires … Qui a dit que communiquer efficacement était facile ?

MF - travailleuse sociale

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